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Dans cette leçon, vous allez

  • Nommer une dizaine de pièces et décrire leur forme.
  • Les classer en familles : étoiles, croix, polygones, amandes, baguettes, figures.
  • Comprendre que la taille d’une pièce dépend de l’échelle du motif.

Pour le maâlem, un panneau de zellige est une phrase dont les pièces sont les mots. Chaque forme a son nom, en darija, et ce vocabulaire se transmet d’atelier en atelier. Le connaître aide à lire un motif, et à comprendre comment il a été commandé et taillé.

La furmah

Chaque pièce taillée s’appelle une furmah (pluriel furmāt). Le journaliste Louis Werner rapporte qu’un chercheur en a recensé 360 formes différentes. Le linguiste Chakib Hoummad a publié en 2018 une liste de ces noms, établie à partir de l’ouvrage d’André Paccard et d’enquêtes auprès des artisans de Fès. C’est notre source principale ici.

Ces noms suivent deux logiques. Les uns comptent : la pièce porte le nom de son nombre de côtés. Les autres comparent : la pièce porte le nom de ce à quoi elle ressemble.

Les étoiles

  • Khatem soulaymani

Les croix

  • Qamarchouna

Les polygones

  • Mtemmen
  • Msedds
  • Mkhammes

Les amandes

  • Louza
Six pièces dessinées à partir de nos motifs, à la même échelle : leurs proportions relatives sont exactes.

Les étoiles

  • Khatem soulaymani, le « sceau de Salomon » : l’étoile à huit branches de deux carrés, étudiée à la leçon précédente.
  • Dirham : les petites étoiles à huit pointes qui rayonnent autour du centre des grandes rosaces, comme des pièces de monnaie.

Les grandes étoiles portent le nom de leur nombre de branches : ʿitnashari pour douze, ʿishrini pour vingt, arbaʿ wa ʿishrini pour vingt-quatre. On parle aussi de khamsini (« cinquante ») et de miʾini (« cent ») pour des étoiles qui ont en réalité 48 et 96 pointes : dans cette famille, le nombre doit être divisible par six.

Les croix

  • Qamarchouna : la croix aux bouts effilés. Elle s’emboîte entre quatre étoiles ; ses encoches en V reçoivent exactement les pointes des khatems voisins. Dans un panneau fin, elle mesure environ un centimètre d’un bout à l’autre.

Les polygones

Ici, les noms comptent les côtés :

  • mrebbaâ, le carré (4) ;
  • mkhammes, le pentagone (5), qui forme la couronne des étoiles à douze ;
  • msedds, l’hexagone (6), souvent allongé dans les champs à huit ;
  • msebbaâ, l’heptagone (7) ;
  • mtemmen, l’octogone (8), le cœur du khatem.

Les amandes et les losanges

  • Louza, l’amande : un losange allongé, aux angles de 45° et 135° dans le système à huit. Par paires, les louzas doublent les branches d’une étoile, de douze à vingt-quatre par exemple.
  • Louiza, la « petite amande », à peu près moitié moins grande.
  • Nzeq, la pièce en losange.

Les baguettes

  • Qtib, la baguette : une bande étroite qui sert de filet ou de cadre. Les artisans distinguent le qtib mfrouq, la baguette divisée, et le qtib sarout, la baguette « clé ».

Les figures

Les noms les plus poétiques désignent des formes complexes, souvent issues des grandes rosaces : touyyer (l’oiseau), betta (le canard), khettaifa (la chauve-souris), kef (la main), belloutta (le gland), dfar sbaâ (les ongles du lion), hilal (le croissant), qfa (la nuque). Werner cite aussi des pièces que les tailleurs appellent, en traduction, « lanternes », « goulots », « peignes », « bracelets » ou « coupes ».

Attention aux faux amis

Tous les mots du métier ne désignent pas des pièces. Ṣfet tnaʿch signifie « motif à douze » : c’est le nom d’une composition. Darj wa ktaf, « marches et épaules », est le réseau de losanges des façades mérinides. Teqchir est une technique : on gratte l’émail autour d’un motif pour le laisser en léger relief, souvent dans des frises d’écriture.

Une question d’échelle

Une pièce n’a pas de taille fixe. La même qamarchouna mesure un centimètre dans un lambris de médersa et huit centimètres dans un sol de patio. Seule contrainte : elle doit tenir dans le carreau de 10 × 10 cm où elle est taillée. Dans nos propres motifs, un khatem mesure 8 cm et une louza 5 cm, des tailles courantes pour un mur d’aujourd’hui.

À retenir

  • Chaque pièce taillée s’appelle une furmah ; on en a recensé environ 360.
  • Beaucoup portent le nom de leur nombre de côtés : mtemmen (8), msedds (6), mkhammes (5), mrebbaâ (4).
  • D’autres sont nommées par image : louza (l’amande), touyyer (l’oiseau), kef (la main).
  • Une même forme peut mesurer 1 cm dans un panneau fin et 8 cm dans un sol.

À regarder

Des films choisis pour cette leçon. Rien ne se charge avant votre clic.

  • L'art ancestral de la géométrie du zellige l À l'école des artisans Vidéo : Le360 News En lançant la vidéo, YouTube peut déposer des cookies.

    À l’Académie des arts traditionnels de Casablanca, les pièces sont rangées par forme comme les livres d’une bibliothèque. Repérez les étoiles, les amandes et les petites croix dans les casiers.

    Langue : FR/AR Lieu : Casablanca

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Question 1 sur 3 Que signifie « louza » ?
Question 2 sur 3 Le mtemmen est…
Question 3 sur 3 « Ṣfet tnaʿch » désigne-t-il une pièce ?

Sources

  1. Chakib Hoummad (2018), Le technolecte du zellige au Maroc.
  2. Louis Werner (2001), Zillij in Fez.
  3. André Paccard (1979), Le Maroc et l’artisanat traditionnel islamique dans l’architecture.
  4. John Hedgecoe, Salma Samar Damluji (dir.) (1992), Zillij: The Art of Moroccan Ceramics.

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